Le vin est né en Géorgie, d'après de nombreuses recherches archéologiques et la datation au carbone 14, les origines du vin remonteraient à plus ou moins 7000 ans avant Jésus Christ

Sur son territoire pourtant étroit, la Géorgie regorge de reliefs et de conditions climatiques très divers. La zone la moins fertile est la région subtropicale – Adjarie, Abkhazie et Mingrélie – où l'air est atrocement humide. Les terres les plus riches se situent à l'est et à l'ouest du pays : Kakhétie, Iméréthie, Kartli et Racha-Lechkhumi. Ainsi les vignes se concentrent-elles autour des bassins de la rivière Alazani et du fleuve Koura. Les cépages géorgiens sont trop nombreux pour être systématisés. Plus de 500 cépages, c'est énorme pour tout pays vinicole – et ça l'est d'autant plus pour un pays aussi petit et aussi fier que la Géorgie. Fait particulièrement remarquable : la majorité de ces cépages sont autochtones et l'on y produit des vins naturels, sans ajout et non traités. Les cépages de vin blanc les plus prometteurs sont le Mtsvane et le Kisi. Pour les vins rouges, ce serait plutôt le Aleksandrouli, l'Odjalechi et le plus commun et le plus qualitatif d'entre eux, le Saperavi, qui a une structure tannique importante. Il est très aromatique, donc facile à appréhender pour le consommateur. La vinification en « kvevri » ou "qvevri", une méthode de vinification ancestrale, vient d'être classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Elle se pratique dans toute la Géorgie, en particulier dans les communautés rurales où sont cultivées des variétés de raisin uniques. Le kvevri est un récipient en argile en forme d'Œuf utilisé pour vinifier, laisser vieillir et entreposer le vin. Le savoir-faire et l'expérience de la fabrication des kvevri et de la vinification se transmettent par l'intermédiaire des familles, des voisins, des amis et des parents, qui participent tous aux vendanges et aux activités de vinification. Ces récipients, dont l'intérieur est enduit de cire, sont habituellement enfouis dans la terre. Le vin qu'ils donnent n'a rien de comparable avec celui produit dans des tonneaux de bois ou dans des cuves de fermentation en acier : il est moins tannique, aux notes plus rondes et plus douces. Les producteurs géorgiens, fiers d'avoir recours à cette technique ancienne, s'en vantent sur les étiquettes.

Le communisme a désorganisé la production, en expropriant tous les propriétaires de vignobles après l'annexion par l'URSS de la Géorgie en 1921, et après des années de production de masse pour la clientèle russe, la situation a radicalement changé pour les producteurs de vin dans les années 2000 avec la brouille entre la Russie et la Géorgie, qui a culminé en 2008 avec l'entrée des chars russes en territoire géorgien. Le Kremlin avait imposé dès 2006 un embargo sur le vin géorgien, forçant les producteurs locaux à trouver d'autres marchés et à privilégier désormais la qualité. Moscou a finalement levé l'embargo en 2013. Mais entre-temps, il y avait eu un renouveau et un nouveau développement : de nombreux producteurs avaient déjà accédé à de nouveaux marchés dans des dizaines de pays et avaient presque atteint leurs niveaux de production d'avant l'embargo.

« La renaissance de la production traditionnelle de vin gérogien est bien entamée »